“Continuer l’histoire” par Hubert Vedrine
Espace International juillet 18th, 2007
Bonjour,
Voici une note sur le magnifique essai d’un homme de passion dont le Président Sarkozy a fait appel.
Cdt,
david Barthe
Ce bref essai de politique internationale frappe par son ton calme, emprunt de réalisme, pour nous rappeler que les faits ont la tête dure. Mais il dit aussi que les Français ne sont pas désarmés dans le grand jeu mondial, en dépit de leur pessimisme actuel.
HV rappelle tout d’abord le vertige qui a saisi l’Occident en 1990. Le monde entier allait vers la sérénité de la “fin de l’Histoire”. Cette dernière n’a pas tardé à rappeler qu’elle vivait encore et que des forces nouvelles la mettaient en mouvement : septembre 2001, engagement débridé des Américains au Moyen-Orient, affrontements intercommunautaires, échec européen, dérive de la
bulle financière, montée des inquiétudes écologiques, etc.
Le monde qui vient fait peur aux vieilles nations qui perdent leur influence et surtout leurs repères.
Ce nouveau monde multipolaire qui nous environne nous a donc, nous occidentaux, en partie privés de notre pouvoir de faire l’histoire. De plus, en dépit de son efficacité économique libérale, il ne prend pas bien en charge les effets et les coûts des conséquences de ses actes dans les domaines sociaux et
environnementaux en particulier.
Une régulation est nécessaire et des organes internationaux tentent de l’établir, mais sous le contrôle évanescent d’états
qui ont peu à peu cédé une part croissante de leur pouvoir pour rendre cette régulation possible. Paradoxe. L’illusion la plus pernicieuse devient, aux yeux d’HV, celle d’un supranationalisme rampant, privant les état de leur capacité à
donner le la.
C’est donc une mise au clair du rôle des états que souhaite HV face aux institutions supranationales, états qui seuls ont la légitimité suffisante pour prendre, si et quand nécessaire, les décisions importantes.
Alors l’Europe ? HV pense qu’elle a tout son sens, malgré ce qui a été dit plus haut, et qu’elle est attendue des peuples européens. Encore faut-il mettre un terme à un élargissement infondé et surtout de transformer l’U.E. en instance supranationale. Ses activités administratives et de régulation sont jugées excessives en l’état actuel de son contour encore si flou.
Et la place de l’Europe dans le monde ? Il faut en débattre de façon urgente. Car la cacophonie récente des voix européennes est synonyme d’impuissance.
L’idée majeure d’HV est en gros de promouvoir des projets concrets, de les réussir et, dit autrement, de donner à nouveau un désir d’Europe. Les institutions suivront.
Et la France ? Elle se fait assez mal à l’idée qu’après avoir projeté ses valeurs sur le monde, c’est aujourd’hui lui qui projette les siennes sur elle par les effets de la mondialisation.
Sans oublier que l’Europe n’a pas été le relai d’influence espéré. Mais nos atouts restent importants, si nous savons
nous ressaisir. Car, ne pas le faire, serait accepter une certaine servitude que nous ne tolérerions pas. Encore faut-il cesser de se complaire dans un ressassement de notre passé et prendre notre sort activement en mains.
HV rappelle d’ailleurs à ce sujet qu’une politique érangère a d’abord pour but la défense de nos intérêts vitaux, de notre autonomie de décision et de notre influence. On peut vouloir plus ; mais il faut d’abord vouloir cela.
Un livre utile dont on aimerait souvent approfondir les pistes.
Le 18/07/2007 à 11:27
Merci pour nous avoir fait partager cette note David.
J’ai tout de même une question complémentaire sur ce livre : M. Védrine est-il pour partager notre siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU à un représentant de l’union européenne comme le demandent de nombreux états membres ?
Merci
Le 18/07/2007 à 12:39
Merci. Le siège permanent est une notion qui ne correspond plus à la réalité du monde du XXIieme siècle. Les pays membbres permanents sont issus de la fin de la II guerre mondiale : là le Général De Gaulle a permis à la France d’y etre membre permanent au mem titre que les grands vainqueurs. Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Les puissances d’alors mise à part certaines ne sont plus les mêmes. Les sièges permanents donnés au “puissances europeennes” ne reflètent pas la réalité économique, politique et militaire de ce siècle; alors pourquoi ne pas donner par roulement ce siège ?
Le 18/07/2007 à 17:42
Le siège permanant que la France ,a -difficilement-réussi à obtenir à la création de l’Onu ,est un atout majeur de notre influence géostratégique.Le fait de le partager me semble pour le moins …excentrique.
Un siège commun avec l’ensemble de l’Union Européenne est très certainement souhaitable…Mais il faudrait une diplomatie commune ,et puis afin que cette dernière probabilité existe,disons le clairement,des intérets économiques,politiques,stratégiques…communs…
C’est pour cela qu’une simple rotation me semble pour le moins une réponse inadaptée…Le siège commun est à terme la vraie solution pour avoir un siège à poids équivalent de la Russie ou la Chine de demain…Mais encore faudrait-il que la Grande Bretagne accepte de céder le sien…Mais nous avons le temps…
Le 25/07/2007 à 2:56
Faut arrêter de lécher, ça donne des aphtes.
Le génie de HV en matière de diplomatie m’échappe un peu car il a surtout réussi en discutaillant à se faire souffler le Quai d’Orsay par Kouchner. Il est vrai que quand on sort d’un Douste Blazy on peut croire avoir à faire à un visionnaire… de là à jouer les groupies!
Ce qui est plus original chez HV, socialiste pur sucre, c’est qu’il est administrateur de LVMH, 1er groupe de luxe français appartenant à Bernard Arnaud, ami de Nicolas. Il est vrai que ses initiales HV l’y prédestinaient; pour autant je crois pas qu’il soit administrateur du BHV.
A propos d’ouverture, Lionnel Luca député UMP des Alpes Maritimes a déclaré : « A force d’aller chercher à gauche des gens intelligents, on va finir par croire qu’il n’y a que des andouilles à droite ! »
Vous noterez qu’il n’a pas dit ” on va finir par se rendre compte”, ce qui est très rassurant!