Conseil de quartier de Bercy du 25 mai 2010
Vie locale, Conseils de quartiers juin 20th, 2010Voici un article rédigé pour “les nouvelles du 12″ de juin 2010. Il s’agit ici de sa version intégrale avant “coupe de postproduction” :
Conseil de quartier de Bercy du 25 mai 2010
« Le pont de ”l’anarchiste” ou l’anarchie annoncée de la gestion l’école provisoire »
Lors de la réunion du conseil de quartier de Bercy du 25 mai dernier, en plus du résumé des actions classiques du conseil de Bercy, deux points étaient portés à l’ordre du jour : la rue Proudhon et l’école Gabriel Lamé. Avant de les aborder, il convient de dire deux mots de la présentation des budgets 2009 et 2010 alors même qu’ils n’ont pas encore été adoptés. Je vais donc répéter ce que je me suis permis d’objecter, en toute amitié, à mes collègues du conseil de quartier et particulièrement à notre chère trésorière. Tout d’abord, pourquoi ne pas communiquer préalablement au vote en assemble, au moins par écrit, un tableau présentant les dépenses et les recettes et, dans le même esprit, utiliser un diaporama pour afficher ce budget lors de la réunion publique? C’est l’une des raisons pour lesquelles je m’étais déjà opposé au vote de ces budgets lors de la dernière assemblée générale, la principale étant qu’un déficit de 800 € environ a été mentionnée ! La transparence devrait aussi être de mise dans les conseils de quartier. A quoi cela sert-il de parler d’efficacité de la démocratie de proximité ou participative si c’est pour qu’elle s’affranchisse des garanties posées par la démocratie représentative? Cette parenthèse close, voici un résumé des autres points.
1. A quand une rénovation de la rue Proudhon ?
Selon certains, les conseils de quartier n’ont pas lieu d’être : soit qu’ils n’ont aucune légitimité, comparés aux assemblées démocratiquement élues, soit qu’ils sont instrumentalisés pour servir de relais de la majorité élue. Mais ils peuvent être aussi le lieu où soulever, au-delà des clivages partisans, les problèmes que la municipalité néglige et qui touchent l’ensemble des habitants. La rue Proudhon en fait manifestement partie et la mairie a enfin réagi.
Pour la majorité des piétons qui empruntent la rue Proudhon, un mot revient systématiquement : l’anxiété ! Ce passage est sale, bruyant et mal éclairé. Or, c’est le chemin obligé pour rejoindre le quartier de Bercy de la place Eboué ou Dugommier et inversement. Depuis plus de 10 ans, ce lieu se dégrade. C’est pourquoi, la commission urbanisme du conseil de quartier, à laquelle j’ai le plaisir d’appartenir, a décidé d’en faire une priorité pour 2010. Nous sollicitons de la ville qu’elle organise son nettoyage puis sa restauration (lumière, écoulement des eaux de pluies, peintures murales réalisées par des artistes de l’arrondissement ?), voire son réaménagement plus profond.
Sur ce premier point, l’adjointe en charge de la voirie et des déplacements, Catherine Barratti-Elbaz, qui s’est mobilisée sur le sujet, nous a annoncé qu’un nettoyage général serait effectué très rapidement. Pour le reste, des propositions ont été relayées mais avec beaucoup de bémols. Nous avons dû attendre 9 mois pour que le muret soit réparé et les derniers travaux menés sous ce pont ont été bâclés. A un tel rythme, et malgré les multiples relances du conseil de quartier, nous ne sommes guère rassurés par les promesses de restauration de cette rue !
2. Un collectif d’association pour Gabriel Lamé ?
« Gabriel Lamé » est le nom de l’école primaire « provisoire », érigée en bois, le temps de la réalisation de l’école primaire de Bercy (Getry Archimède sera inaugurée en 2007). Depuis, le sujet de l’affectation de ce bâtiment est devenu un marronnier du conseil de quartier car il aurait dû être détruit. Mais suite à une mobilisation d’habitants, il a été pérennisé lors de la dernière modification du plan local d’urbanisme. Bien qu’il soit déjà occupé en partie par le « centre d’information et d’orientation » du 12e, service spécialisé de l’Education nationale, d’autres salles de ce bâtiment sont disponibles, suscitant à nouveau des convoitises.
C’est pourquoi le conseil de quartier le revendique pour y créer un « collectif d’associations » destiné à gérer le lieu et à passer des conventions avec les associations qui voudraient disposer de la salle dite du préau… L’objectif est de créer un « centre intergénérationnel qui créerait un lien social ». Une provision de 10 000 euros a été accordée aux fins d’investissement pour réaliser ce lieu.
La présentation de ce projet a cependant suscité un vif débat dans l’assemblée, notamment parmi les habitants présents, qui craignent légitimement que la cour devienne un lieu de « squat de jeunes », et les partisans d’un « café associatif » à l’image de celui qui existe déjà dans le quartier d’Aligre. Pour ma part, ce projet de café me laisse très sceptique car il existe déjà tant de lieux de restauration sympathiques. La salle déjà existante peut très bien être utilisée autrement. Dans tous les cas, le seul projet viable annoncé reste la réalisation d’une porte pour accéder directement à la cour sans passer par l’école. A suivre.
Matthieu Seingier
m.seingier@free.fr
